Direction Générale de la Langue Française et des Langues de France
Organe officiel de défense de la langue française, la
délégation (relevant du ministère de la culture) cultive avec bonheur l’art de
ne rien faire.
C’est pur délice que de comparer la hauteur de la dotation
et la pléthore de personnels (jusqu’à un chauffeur femme) avec l’abyssal vide
des « actions » entreprises. Telle cette fantasmagorique
« Semaine de la langue française », vaisseau amiral de la DGLFLF
coulé par l’ignorance – sinon les moqueries – de la grande presse française.
Ou encore cette sublime façon de terminer l'année 2016 en organisant une "soirée cabaret" en... breton et créole. Audacieux, n'est-il pas ?
Ce zélé cheval de Troie de notre culture angloricaine, s’il
mérite nos encouragements pour le travail non-accompli, et la façon dont il
décourage les associations ad hoc de toute tentative de faire respecter la
« loi Toubon », aurait tout de même intérêt à sauver les apparences.
Il n’est pas totalement exclu qu’un parlementaire réac finisse par
obtenir l’abrogation d’une pompe à fric inutile autant que ridicule.
La DGCCRF
La DGCCRF,
direction générale de la concurrence, de la consommation et de la
répression des fraudes, est la principale entité chargée de réprimer les
infractions à la "loi Toubon" du 4 août 1994
Cette loi prévoit notamment l’emploi obligatoire de la
langue française dans la désignation, l’offre, la présentation, le mode
d’emploi ou d’utilisation, la description de l’étendue et des conditions de
garantie d’un bien, d’un produit ou d’un service, ainsi que dans les factures
et quittances. Les mêmes dispositions s’appliquent à toute publicité écrite, parlée
ou audiovisuelle. Lorsque ces mentions sont complétées de plusieurs traductions
(les traductions doivent être au minimum deux), la présentation en français
doit être aussi lisible, audible ou intelligible que la présentation en langues
étrangères.
Le nombre des infractions augmenta régulièrement au
cours des années 90. Il s'emballa lors de la première décennie du nouveau
siècle. Il va maintenant au triple galop.
Cet immense succès doit énormément au dynamisme des
agents de la DGCCRF, appliqués à déployer un zèle inverse aux besoins.
Clairement, plus grossit le nombre des infractions, plus résolument se ferment
les yeux de la DGCCRF (et de son antenne la "Protection des
populations"), selon un plan concocté avec le concours de la DGLFLF.
Ce que traduisent ces deux chiffres relevés sur le
"rapport au Parlement sur l'état de la langue française" 2015,
élaboré par la DGLFLF sous tutelle du ministère de la culture.
2003 Nombre
d'interventions 7806 ; transmission au parquet 190
2014 Nombre d'interventions 7000 ; transmission au parquet 84
Entre ces deux dates, le nombre de produits, biens et
services illicites (par exemple les publicités)
Entre ces
deux dates, le nombre de produits, biens et services illicites (par exemple les
publicités) contrevenant à la loi a été largement multiplié par 5.
Merci et
merci encore à la DGCCRF, intransigeante gardienne de nos intérêts.
Renault , Air-France, la Française des Jeux et tant d'autres groupes ont leur petit mérite. Mais parmi les sociétés entièrement ou partiellement détenues par l'État, SNCF et Orange ont consenti des efforts particulièrement louables. Ils leur valent le prix "Rethondes 2017".
SNCF Guilaume PÉPY avec l'aimable coopération de Madame Delphine BATHO, Messieurs Frédéric MITTERRAND et Frédéric CUVELLIER
À partir de 2011 plusieurs députés – dont
Messieurs CANDELIER et WATRIN – s'interrogèrent de façon incongrue sur
l'angloricanisation des produits proposés par la "société nationale des
chemins de fer français" (sic),
- Le ministre de la culture et grand
farceur MITTERRAND avait eu cette savoureuse réponse (19 avril 2012) méritant
intégrale citation :
" Il est vrai que la mode est aux
mots venus du monde anglophone, parfois difficiles à comprendre, à prononcer ou
à écrire, pour la plupart des gens. Pourtant, le plus souvent, les mots
équivalents existent en français. En effet, pour désigner les réalités
nouvelles qui se créent constamment, des termes français sont recommandés par
la Commission générale de terminologie et de néologie et publiés avec leur
définition au Journal officiel de la République française. Ces nouveaux termes
français sont encore insuffisamment répandus. Plus nombreux seront les Français
à les employer, plus facilement ils entreront dans l'usage, plus vite ils
deviendront familiers et sembleront avoir toujours existé. "
Ensuite de quoi il alla se laver les
mains, laissant se dérouler la colonisation linguistique de la SNCF.
En décembre 2012, la dame BATHO,
ci-devant ministre de l'écologie et de l'énergie, répondait plus laconiquement
qu'elle prenait bonne note des observations et ne manquerait pas bla bla bla.
Le relais arriva au sieur CUVILLIER, trop oublié ministre des transports du début de l'ère Mollandesque. Le 28 janvier 2013 il assurant "prendre en compte la permanence des remarques".
Imités par d'autre susccesseurs, tous ministres chargés de l'enfumage, le PDG de la SNCF eut tout loisir de multiplier les signes d'allégeance à la nouvelle mono-culture.
Grâce à son total manque de civisme ont pu prospérer :
Happy Hour intercités, ID-Nights, S'miles, TGV Family, Rail Team, Oui Go (méritoire salut à l'ancienne culture, mais bien entendu évoquant un plus réaliste "We Go"),Happy card...et autres coups de pieds au cul de cette "terminologie françaises encore insuffisamment répandue" !
Le relais arriva au sieur CUVILLIER, trop oublié ministre des transports du début de l'ère Mollandesque. Le 28 janvier 2013 il assurant "prendre en compte la permanence des remarques".
Imités par d'autre susccesseurs, tous ministres chargés de l'enfumage, le PDG de la SNCF eut tout loisir de multiplier les signes d'allégeance à la nouvelle mono-culture.
Grâce à son total manque de civisme ont pu prospérer :
Happy Hour intercités, ID-Nights, S'miles, TGV Family, Rail Team, Oui Go (méritoire salut à l'ancienne culture, mais bien entendu évoquant un plus réaliste "We Go"),Happy card...et autres coups de pieds au cul de cette "terminologie françaises encore insuffisamment répandue" !
ORANGE Une co-production Stéphane RICHARD - Béatrice
MANDINE (secondée parJaline Davidson)
Comment s'adresser efficacement à ces crétins de Français ? En
angloricain pardi. Par ce biais, on évitera aussi de colporter à
l'international (vieux françois "à l'étranger") des vocables surrannés.
L'ex France-Télécom eut donc le flair de vendre, et d'abord aux
francophones, outre sa "live box", du "fun" de l' "open play", du "big
Noël", du "Mobile play", du "Read and Go"...
Mais son coup de put. , enfin son coup de génie, le duo le réservait
pour l'événement foot-ballistique "Euro 2016" joué en France.
Durant une majorité de matches - tous retransmis par les télés du monde
entier - Orange multiplia les messages publicitaires en angloricain. Et
(assis sur une loi dont tout le monde se fout) en angloricain uniquement
! Un tour de force - selon une stratégie heureusement baptisée "Orange
sponsors you" - exécuté par Béatrice Mandine directrice de la com', notamment chargée
de l' "événementiel" et assistée par Jaline Davidson. opération "fan
of the match" (pour sur "fan du match" personne n'aurait compris).
Habité pourtant à la servilité de nos partenaires (le mot "esclaves"
serait inadapté, l'esclave l'étant rarement de son plein consentement)
notre Empire resta bluffé (NDLE en français dans le texte d'origine) par pareil renoncement.